Exposition » Lotte Reiniger : La maîtresse des ombres » du 11 juin au 3 octobre au Musée des Tapisseries

Le Musée des Tapisseries présente le travail de l’artiste allemande Lotte

Reiniger à travers 150 oeuvres. Silhouettes, dessins, marionnettes, films et

documentaires illustrent les opéras qu’elle a transposés en silhouettes noires,

jeux d’ombres et de lumières, tels que « Cosi fan Tutte », « Les Noces de

Figaro », « La Flûte enchantée », nous transportant dans un univers magique et

onirique.

Cette exposition est co-organisée avec le Musée de la Ville de Tübingen

(Stadtmuseum) qui conserve une grande partie des oeuvres de l’artiste.

« La maîtresse des ombres », comme l’appelait Jean Renoir, connut un succès retentissant avec

Les Aventures du Prince Ahmed et a imposé un univers graphique tout à fait personnel, magique et

moderne.

Lotte Reiniger, de son vrai nom Charlotte Reiniger, [Berlin, juin 1899 - Dettenhausen (Bade-

Wurtemberg) juin 1981], vit son enfance dans un monde imaginaire. A l’adolescence, elle poursuit

ce chemin en prenant des cours de théâtre, avec une formation au Deutsches Theater à l’école de

Max Reinhardt.

C’est en découpant des silhouettes de grands acteurs du moment qu’elle est repérée par Paul

Wagener, réalisateur expressionniste de Der Golem (1915), pour des mises en scène de théâtre

d’ombres. Il lui commande l’affiche de son dernier film Le Joueur de flûte de Hamelin ainsi que les

silhouettes du générique. Lotte découvre ainsi l’univers secret du film d’animation : elle a tout

juste 18 ans !

Elle réalise en 1919, collaborant avec Carl Koch son futur mari, L’Ornement du coeur amoureux,

premier film de silhouettes de l’histoire du cinéma. Puis en 1923, un riche banquier fournit les

fonds et monte la société de production Comenius-films afin que soit réalisé Les Aventures du

Prince Ahmed.

Lotte Reiniger signe avec Les Aventures du Prince Ahmed l’un des tous premiers longs métrages

d’animation de l’histoire du cinéma. Ce film, entièrement conçu de silhouettes de papier découpé,

est un véritable chef-d’oeuvre d’enchantement. Inspirées des contes des Mille et une nuits, en

particulier Le cheval volant et Aladin et la lampe merveilleuse, les Aventures du Prince Ahmed nous

transportent dans un univers magique peuplé de princesses en fuites, d’amours impossibles, de

luttes entre les forces du bien et du mal. OEuvre d’une grande précision technique, le film

comporte plus de 300 000 images ; à 24 images secondes, soit 65 minutes de film. Trois années

furent nécessaires de 1923 à 1926 à Lotte Reiniger pour réaliser un pareil exploit de finesse et de

souplesse dans le mouvement.

Lotte Reiniger fuit Berlin en 1935, en passant par Paris où elle rencontre Jean Renoir qui lui

demande de tourner une scène d’ombres chinoises pour La Marseillaise (1938) et Georg Wilhelm

Pabst qui tourne Don Quichotte (1933) à Paris qui lui commande aussi une scène. Elle s’arrête à

Londres, où elle crée sa propre structure de production, Primrose Productions, et rencontre

Norman Maclaren, les compositeurs Stravinski et Benjamin Britten.

Après avoir continué à travailler à Berlin après la Guerre, le couple Reiniger-Koch s’est finalement

installé à Londres en 1949.

Lotte Reiniger se remet à faire ce qui avait fait sa réputation : des courts-métrages inspirés de

contes, auxquels elle ajoute comme support sonore des oeuvres classiques, souvent des

pièces de Mozart qu’elle affectionne plus particulièrement.

Elle a aussi adapté des contes des frères Grimm, des histoires de Charles Perrault, plusieurs

Contes des mille et une nuit et des opéras, dont ceux de Mozart, qui concentrent une grande

partie de son travail à partir de 1971 : Cosi fan tutte , La flûte enchantée, Le mariage de Figaro

et Don Giovanni, donnent ainsi naissance à 140 silhouettes ! Par la complexité de la

composition et les subtils détails des personnages, son art atteint ici un point culminant.

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